Association des enfants de l'Abbé Garin

Les témoignages

Témoignage de: Nous étions des "ANGES"
Posté le : 04/03/2026


Mercury : je me souviens très bien de la mise à feu du grand sapin du petit bois, il était plein de résine, c'était très tentant. Il a fini en une immense torche...

Bien sûr, d'après nous, cela ne pouvait être que les enfants du village les responsables....mais nous avions les mains pleines de résine, on ne nous a pas crû...les pompiers sont venus éteindre l'incendie.

Tamié : avec notre imagination débordante, nous nous sommes attaqués aux pierres de la muraille du Fort de Tamié. Nous avons décelés de très gros blocs, nous les avons fait débaroulés dans le vide, ils tombaient avec une violence inouïe dans la forêt, arrachant des arbres, et parfois, rebondissaient dans les champs ou les paysans faisaient les foins, ils hurlaient, terrorisés.

Mercury :  nous apportait notre pécule : l'Eglise et son tronc nous fournissait de quoi acheter des élastiques pour nos lance-pierres, les malabars, les chocolats... Les lance-pierres nous servaient à casser les tasses qui tenaient les fils électriques, on les éclatait régulièrement, nous étions très habiles,EDF était content.

Mercury : les fameuses fléchettes, d'où venaient-elles ? Je me souviens de cette fameuse cible qu'était le dos de "Joseph" il a reçu nos belles fléchettes bien aiguisées, de là, est venu pour les deux premiers derrière lui, les punaises sous les doigts, mais nous n'avons dénoncé personne, victoire.

Mercury : Moins drôle, le coup de couteau dans les fesses de Jean-Michel B, de la part d'Alain B, le couteau a servi aussi dans les côtes d'une pauvre vache d'un paysan. 
 Il y avait des têtes brûlées, des gamins incontrôlables, des bagarres régulièrement pour pas grand chose, certains ne savaient pas se moucher, se laver les mains, attacher leurs lacets et l'école était une catastrophe.
Nous avions un camion qui passait pour le pain, nous l'avons visité régulièrement...
Nous ramassions les pommes pourries, pas pour les manger, mais pour faire une bonne bataille, on en prenait plein la poire.

Tamié : les couleuvres au fond du lit, un hurlement au coucher nous valait 30 minutes de promenade pour nous calmer, nous étions quand même une cinquantaine dans le dortoir.
les parties de foot avec les poireaux dans les jardins de Mercury (on n'aimait pas les poireaux) les habitants de la commune nous guettaient, ils nous aimaient beaucoup !!!

Tamié : les pierres bien plates atterrissaient sur le front d'un ennemi pour une histoire de chocolat !!!

Il y en a bien d'autres, mais ce sera pour une prochaine fois.

L'Abbé Garin réglait les dégâts, il ne faisait pas souvent de réflexion, il savait aussi que nous étions des anges



Témoignage de: Enfant élevé par l'Abbé Garin Hubert Baptendier le 26 mars 2026
Posté le : 01/03/2026



Je me nomme Hubert Baptendier, je suis né le 20 août 1945 à Hauteluce en Savoie.

J'ai été déposé en nourrice dès ma naissance à Montvalenzan en Savoie.
Puis placé à l'orphelinat de Bourg-Saint-Maurice jusqu'en octobre 1952.
D'octobre 1952 jusqu'en 1955, je suis placé chez l'Abbé Garin au Centre de la Belle Etoile à Mercury.
Ma mère ayant des "connaissances chamaniques"... je fugue.
En 1957, je demande à la justice de retourner chez l'Abbé Garin qui était, pour moi, la meilleure solution.
Ce n'était pas une colonie de vacances mais le portail n'était jamais fermé...mais je me sentais bien, c'était une période d'après guerre avec un environnement difficile.
Grâce à l'Abbé Garin et son personnel, j'ai pu faire mes études jusqu'au CEP.
Je suis resté pensionnaire au centre de la Belle Étoile jusqu'à mes 18 ans, ce qui m'a permis de passer le CAP, je remercie l'Abbé Garin de m'avoir gardé sous sa tutelle gracieusement, c'était pour moi comme un père.
En 1970, je suis revenu pour être marié par l'Abbé Garin, la cérémonie et le repas se sont déroulés au Centre de la Belle Etoile. 
J'ai continué mon chemin avec une belle réussite
Le documentaire des "oubliés de la belle étoile" ne reflète absolument pas la réalité de mon passé avec l'Abbé Garin qui a tellement fait pour les enfants.


                                                    Sans lui, que serais-je devenu ?

PS : j'ai tous les documents du tribunal prouvant ma demande acceptée de revenir auprès de l'Abbé Garin

Témoignage de: Abdelhamid Chakri
Posté le : 26/02/2026


Hommage à titre posthume à l'abbé Garin
A la mémoire de l'abbé Garin directeur du Centre de la Belle-Etoile
Monsieur l'Abbé,
Soixante ans ont passé depuis mon séjour à la Belle-Etoile sur les hauteurs de Mercury. Aujourd'hui, avec le recul d'une vie entière, je ressens le besoin profond de vous adresser ces remerciements que l'enfant que j'étais n'a peut-être pas su formuler à l'époque. Je tiens en effet à vous remercier pour la main tendue et pour la structure que vous nous avez offerte. A la Belle-Etoile (Mercury, Tamié, l'Etanche) vous n'avez pas seulement dirigé un centre d'accueil mais vous avez bâti un refuge où l'on apprenait la dignité, l'effort et le respect de soi. Sous votre regard, à la fois ferme et bienveillant, j'ai puisé des forces qui m'ont accompagné durant ces six décennies : les souvenirs des fabuleux paysages de Savoie, la discipline de vie que vous nous avez enseignée restent gravés en moi. Merci d'avoir cru en nous alors que nous cherchions encore notre chemin...
Même si vous n'êtes plus là pour entendre ces mots, votre héritage survit à travers tous ceux que vous avez aidés à devenir des hommes. Votre dévouement à Mercury a laissé une trace indélébile dans mon existence.
Que cet hommage témoigne de ma profonde gratitude.
Abdelhamid Chakri, ancien pensionnaire de la Belle-Etoile