Les témoignages
Témoignage de: Alain Bernardi
Posté le : 05/11/2025
Présent au Centre de la belle Etoile de 1963 à 1968, ma réflexion sur le reportage "des oubliés de la belle Etoile"
1/ Ils parlent au nom de tous les gamins que nous étions
2/ Ils se permettent de dire des choses fausses n'ayant jamais existées sauf dans leurs délires.
3/ Ils rapportent des allégations dans des médias torchons avides de sensations pour faire le buzz et tout ça sans vérifier les sources !!!
Personnellement j'ai vécu une partie de ma jeunesse au Centre de la Belle Etoile, ce serait faux de dire que j'en ai d'excellents souvenirs bien au contraire, à cause de quelques brebis galeuses qui n'avait rien compris à l'éducation des enfants, mais je dois avouer que le tableau n'était pas tout noir, on m'a inculqué le respect de l'autre, la politesse, l'esprit de camaraderie et du vivre ensemble entre autre, ce qu'à l'évidence certains ont oublié.
Les mêmes qui aujourd'hui accusent et qui n'ont rien fait de leur misérable vie.
Je démens formellement les témoignages de soit disant viols, cela n'a jamais existé car nous l'aurions su.
J'ai ouïe dire que certains voulaient s'en prendre à l'honneur d'un encadrant, là encore je condamne fermement ces accusations et cette personne que je n'ai jamais revu depuis 1969 a conservé toute mon affection.
Je suis prêt à témoigner afin de laver l'honneur des personnes qui sont salies dans ce ramassis de conneries et de ce film poubelle.
Témoignage de: taesh guy
Posté le : 05/11/2025
Je m'appelle Guy Taesch, originaire de l'Est de la France et placé au Centre
" La Belle Étoile " (1961 à 1963) suite à une décision d'un Juge des Enfants.
Je suis arrivé au centre un samedi matin de février 1961, il me semble que c'était le 11.
En tous les cas , ce dont je suis certain, c'est que c'était le jour des frites.
J'ai été accueilli par l'Abbé Garin. Après le repas de midi, j'ai rejoint la classe de Colette Chastel ( qui sera mon institutrice pour les deux années scolaires à venir.
J'ai eu un gros chagrin durant quelques jours.
Ce que je retiens est que ce placement a été bénéfique pour moi.
J'ai appris les règles de la vie sans que quelqu'un ne me les inculque par la violence.
J'ai eu une hygiène de vie correcte, douches tous les soirs, sous-vêtements changé chaque fin de semaine.
A mon arrivée je suis passé sous la tondeuse de l'Abbé. Les copains m'ont précisé que c'était pour éviter les (totos).
Je faisais pipi au lit de temps à autre et je pensais pouvoir le cacher. La 1ère fois, après avoir plié draps et couvertures, je suis descendu dans la cour.
J'ai eu la surprise de voir voler mes draps par la fenêtre du dortoir. Un copain,pisou comme moi, m'a montré la marche à suivre pour rincer et étendre ces derniers dans le grand séchoir de la buanderie.
Par la suite, j'ai demandé à recevoir un sac pour mes nuits. Deux draps cousus qui formaient un sac de couchage.
Certains moniteurs assurent un roulement afin que les "pisous" soient réveillés vers 23h pour faire un possible besoin. Je n'ai en aucun cas été martyrisé parce que je souffrais d'incontinence.
J'ai appris à skier, nous montions par classes au col de Tamié où nous restions deux semaines, voire plus.Pour la messe du dimanche, nous nous rendions à l'Abbaye de Tamié.
L'emploi du temps était le suivant: Réveil 7h00, direction l'étude jusqu'à 7h45, ensuite petit déjeuner puis promenade vers la route du col et retour pour la classe à 9h00.
En classe, cours de morale ( lecture de St Exupéry, Lachenal,Maurice Herzog,Guillaumet,...etc ) que des exploits dus à la volonté des personnes.
Tous les matins dictée,calcul, grammaire, orthographe, géographie,histoire;;;et j'en passe. Classe jusque 11h45, repas de 12 à 13h00, ensuite promenade puis école jusque 16h30. Goûter le pain avec du chocolat ,ensuite étude de 17h/19h, repas du soir, douches, prière et extinction des feux.
J'entends çà et là des échos de violences, de tortures ,des comportements assimilés aux camps de concentration.
Je tombe de ma chaise lorsque je lis et entends de tels propos. Si seulement les camps nazis avaient ressemblé à la Belle Étoile, les déportés qui en sont revenus auraient eu un
autre aspect. Que je sache, pas un gamin n'est décédé sous les tortures!
Lorsque certains anciens parlent de tortures, de sévices,de viol, d'attouchements sexuels, je tombe encore de ma chaise et me dit que je n'ai pas été dans le même centre qu'eux!
L'Abbé Garin n'a jamais levé la main sur moi et aucun moniteur non plus; Et pourtant il aurait eu raison de le faire lorsqu'avec un camarade nous avons forcé le fourgon Peugeot
de l'épicier. Je lui ai avoué mon larcin, je me souviens de son étonnement " je n'aurais pas pensé celà de toi!" En punition il m'a retiré mon statut de servant de messe.
Là également une petite précision, la messe dominicale de Mercury était servie en alternance par 6 enfants de cœur du village et 6 du centre. Le curé du village nous donnait à chaque occasion une pièce de 5frs en argent qu'il appelait un écu.
Je pourrais parler des grandes promenades, des excursions que j'ai faites à Aix les bains, la Grande Chartreuse, l'abbaye de Hautecombe.
Parler également des animations ,du charisme de nos institutrices qui ont permis en juin 1963 à ce que 32 élèves sur 33 soient reçus au Certificat d'Études Primaires.
Je reste à disposition pour en témoigner davantage.
Je ne peux que remercier l'abbé Garin ,Colette Chastel, Marcelle Grange, Renée Clémençon,cheftaine Francia, Cheftaine Marie-José ,chef André dit Caberlo, Felix, Baptendier, non sans oublier Mme Clavel notre cuisinière.
Je retourne régulièrement dans la région de Mercury, Tamié, Faverge,Albertville et je prends plaisir à m'y promener.
Témoignage de: STUMP Jean-Pierre
Posté le : 05/11/2025
Un peu d’Histoire !
J’ai séjourné à la -Belle Étoile- aux années 1950 et je remarque que les ‘‘Oubliés de la Belle Étoile’’ ont majoritairement séjourné aux années 1960. Mais j’ai été aussi éducateur de1966 à 1967 et je peux affirmer que la discipline s’était nettement assouplie. Les Centres, tels celui de l’Abbé Garin donc aux années 1940-60 répondaient aux besoins d’une France sous le choc du dernier conflit mondial. En 1945 des légions d’enfants abandonnés, maltraités, submergent toutes les structures d’assistance. Ainsi ont été créés pour des raisons pratiques et utilitaires des Orphelinats mais aussi des Services de Placements en Familles d’Accueil surtout paysannes. On ne peut préjuger si ces enfants ainsi placés ont été heureux, comblés, mais je savais que certains ont été adoptés ou ayant même hérités de biens familiaux. Mais que penser de ce constat :
En 2015, en quête de retrouver mes camarades dans ces familles et de différents villages où j’avais séjourné, je fais une découverte surprenante et accablante :
Sur une photo classe de 1955 et de 22 élèves, 13 enfants sont du village et 9 sont pupilles de l’État. En 2015, sur les 13 enfants du village 4 sont décédés et 5 sur 9 pour les pupilles. Pas loin du simple au double et enfin aucune tombe à leurs noms. Comment expliquer !?
Sur cette lancée je me suis rendu à la DDASS et j’ai alors découvert des courriers hallucinants de familles allant jusqu’à dicter leurs choix : tel âge, propre, gentil, pas de filles, un autre à la place… Et la direction de la population de répondre en ces termes : Madame, je n’avais pas de ‘‘sujet’’ à ce jour mais… Oui, pas un enfant mais un sujet !...
Ce n’était donc, pour chacun de nous, qu’une loterie ! Mais que ce soit en familles d’accueil ou ‘‘parqués’’ en Institutions ne changeait rien au cadre réglementaire, aux visées éducatives et des codes sociétaux d’alors. Si on veut juger l’Abbé Garin n’est-ce pas toute l’époque qu’il faut juger ?
Évoquant les vents violents de l’histoire, allusion aux persécutions de son temps, Jean Ferrat chante : ‘‘Nul ne guérit de son enfance’’. N’est-ce pas quelque part notre histoire commune ? Je partage la souffrance, le besoin de se reconstruire de tous mes frères d’infortune. Si certains, à Mercury, ont été victimes d’abus que la justice fasse son travail. Autre chose est de se faire justice !