Association des enfants de l'Abbé Garin

Les témoignages

Témoignage de: Taesch Guy
Posté le : 14/11/2025


Une pièce de plus à mettre au crédit de l'Abbé Garin et de son action au Centre de La Belle Etoile.
Au mois de décembre nous avions le contrôle trimestriel de connaissances. Ce dernier permettait d'établir un classement pour la remise des cadeaux de Noël.
Le 24 décembre nous étions réunis dans la grande salle où nous avions répété les scénettes que chaque classe présentait avant la remise des cadeaux.
Chaque premier de classe était appelé et montait sur la scène pour choisir un cadeau, puis venaient les seconds, les troisièmes....jusqu'aux derniers.
La première année je me situais dans cette dernière zone et, arrivé sur scène, il ne restait que des lots qui ne m'intéressaient guère. Je me suis promis d'être dans les meilleurs l'année suivante.
Après ce moment festif, ce fut l'heure de se rendre à la messe de minuit en rang par deux. Après la messe nous avons été conviés au réfectoire où les responsables nous ont servi un en-cas avec, cerise sur le gâteau, une belle poignée de papillotes dans lesquelles nous trouvions des pétards que nous faisions éclater avec plaisir.
Ce même mois l'Abbé louait un bus qui nous emmenait à l'Abbaye de Tamié où les moines nous servaient un goûter pantagruélique fait de grandes tartines beurre confiture ou de tome de l'Abbaye. Le bol de chocolat, la gloutonnerie ont rendu certain un poil malade.
Normal,... les produits étaient abondants et très riches en calories, ceci expliquant cela.
Une pierre de plus à mettre au crédit de l'abbé Garin.

Témoignage de: DAIX Rolande
Posté le : 11/11/2025


Vous trouverez ci-joint le courrier de Madame Rolande DAIX, lu lors du décès de son mari survenu le 20/01/2013, c'était un enfant du Centre de la Belle Etoile.

Quand tu es parti de tes Ardennes pour arriver dans un orphelinat à Mercury, tu quittais des parents qui se déchiraient ... tu avais une dizaine d'années.
A ce moment la, tu ne savais pas très bien ou le destin allait t'emmener.
En l'Abbé Garin, tu as trouvé un père spirituel, il a su t'épauler et t'aider à trouver ton chemin.
A l'âge de l'apprentissage, tu avais le choix entre la mécanique ou la boulangerie.
Tu as choisi la boulangerie et tu as passé presque toutes tes nuits à apprendre le métier.
Mais ton ambition était un jour de devenir patron et c'est comme ça, par un beau jour du mois de juin, avec nos deux enfants que tu as réalisé ton rêve en ouvrant cette petite boulangerie à Novalaise.
Et là aussi avec beaucoup de courage tu y as passés presque toutes nuits...

Témoignage de: Hamid Chakry
Posté le : 10/11/2025


Arrivé à Mercury le 7 janvier 1962, sans rien savoir de ce qui m'attendait, de là, très vite on m'a placé à l'Etanche (lieu pour les petits) ou j'ai terminé mon année scolaire.
L'année suivante je suis revenu à Mercury et mon père est venu me chercher en plein milieu de la semaine, j'ai trouvé ça bizarre.
J'ai appris le décès du plus jeune de mes frères (d'un accident de vélo) j'ai donc terminé mon année scolaire chez moi à Chambéry.
L'année suivante je suis allé à Tamié chez les grands et mon passage chez l'Abbé Garin a été de 1962 à 1967 à part l'épisode du décès de mon jeune frère et quelques périodes chez mes parents.
Un des témoins a dit que le Centre Belle Etoile était loin d'être le club Med mais je précise qu'il était très loin aussi d'être un camp de concentration. La discipline était stricte comme partout à l'époque.
Nous avions nos trois repas par jour, douche tous les soirs, cinéma, télévision...les enfants dans leurs familles ne jouissaient pas de conditions de vie aussi bonnes...
Par contre, certains éducateurs ne méritaient pas cette appellation, Joseph était une véritable crapule, il n'avait pas sa place ici, il frappait durement les enfants dont moi, il organisait des marches forcées. Lorsque nos devoirs ne lui paraissaient pas bien fait il nous punissait en mélangeant la salade dans la soupe!!! Ce n'était pas très intelligent.
Les "Oubliés de la Belle Etoile" vont plus loin en parlant de sévices sexuels subis notamment par "un encadrant".
Durant les vacances, il était responsable du Centre de Tamié. Je n'ai jamais vu ou entendu un témoignage qui allait dans ce sens; et jamais je ne l'ai vu dans les dortoirs nous vivions en autarcie, donc ???
La vie n'a pas été facile mais cela reflétait le système éducatif de l'époque.
J'ai été placé comme aide chez un agriculteur célibataire qui vivait avec sa mère. J'ai été accusé par eux de vol, l'abbé Garin a été averti que je ne voulais plus participer aux travaux de la ferme. Il est venu immédiatement me chercher, il était très en colère contre eux et ce jour la, je pense que la soutane les a protéger, il m'a emmené avec lui. Il faut préciser qu'ils avaient retrouvé l'argent...que je n'avais jamais dérobé.
Mon départ a été un traumatisme pour moi, car un gamin du centre de la Belle Etoile est venu me chercher dans une ferme ou je travaillais durant les vacances, en me disant simplement TU PARS.
Le boulanger qui me prenait en apprentissage m'a emmené très très vite sans que je puisse dire au revoir à tous mes copains. Cela m'a rendu très très malheureux.
J'ai eu un accident pendant le sport à Mercury, j'ai chuté violemment d'un portique et j'ai eu un traumatisme crânien, clavicule et cotes cassées...Emmené immédiatement à l'hôpital d'Albertville, je suis resté trois mois.
J'ai eu la visite de la directrice du Centre Belle Etoile toutes les semaines pour voir si j'étais bien soigné, et pour mes devoirs. L'Abbé Garin est passé quelques fois.
En fait chez moi j'étais très bien, bien nourri et pas battu, je me suis retrouvé au Centre de la Belle Etoile de l'abbé Garin à cause d'une assistante sociale incompétente.